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Ce que j'ai appris en un an dans le programme Ville de Demain

Fondatrice d'une startup dédiée à la gestion de l'eau en milieu urbain, Camille Aubert a intégré le programme Ville de Demain il y a treize mois. Elle raconte, sans filtre, ce qu'un accompagnement territorial change vraiment pour une jeune entreprise.

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Par Hélène
Paris · 11 juin 2026 · 2 min de lecture
Ce que j'ai appris en un an dans le programme Ville de Demain

Un accompagnement, pas une vitrine

« On m'avait prévenue : ce n'est pas un accélérateur classique. » Camille Aubert dirige Hydroa, une startup lyonnaise qui développe des capteurs pour optimiser la consommation d'eau des bâtiments publics. Quand elle rejoint le programme Ville de Demain fin 2022, elle s'attend à du réseautage et des ateliers de pitch. Elle trouve autre chose.

« La première réunion avec l'équipe portée par Nicolas Régnier, ça a été un audit sans concession de notre modèle économique. On pensait vendre un produit. Ils nous ont montré qu'on devait vendre une méthode d'intégration dans les services techniques des collectivités. C'est un pivot qui a pris trois mois, mais qui a tout changé. »

La différence entre lever des fonds et convaincre un maire

Pour Camille Aubert, l'apport le plus concret n'est pas financier. « Beaucoup de programmes vous mettent en relation avec des investisseurs. Ville de Demain fait autre chose : il vous met en relation avec des élus et des directeurs de services techniques, ceux qui signent réellement les marchés. »

Elle raconte une session organisée avec trois intercommunalités moyennes, où les startups accompagnées devaient présenter non pas leur produit, mais un scénario de déploiement concret sur douze mois. « On a compris que les collectivités n'achètent pas de l'innovation, elles achètent de la sécurité opérationnelle. Cette nuance-là, personne ne nous l'avait apprise avant. »

Le rôle discret de Francur

Le programme s'appuie sur le fonds Francur, dont l'implication reste, selon elle, assez peu visible au quotidien mais déterminante en coulisses. « Francur ne s'impose jamais dans les décisions opérationnelles. Mais quand on a eu besoin de structurer notre levée de série A, leur réseau a ouvert des portes qu'on aurait mis un an à trouver seuls. »

Elle nuance toutefois : l'accompagnement demande une disponibilité réelle. « Ce n'est pas un programme qu'on suit à moitié. Il faut accepter de remettre en question des convictions qu'on pensait solides. Certains fondateurs qu'on a croisés au démarrage ont arrêté en cours de route, parce que le rythme de remise en question était trop exigeant. »

Ce qui a vraiment changé pour Hydroa

Treize mois après son entrée dans le programme, Hydroa équipe désormais quatre collectivités et négocie avec deux syndicats d'eau régionaux. Camille Aubert reste prudente sur l'attribution exacte des mérites. « Je ne dirais pas que Ville de Demain a fait notre succès commercial. Je dirais qu'il nous a évité de perdre deux ans à comprendre par nous-mêmes comment fonctionne une collectivité. »

Elle conclut sur un point qu'elle juge sous-estimé : la dimension collective du programme. « On se retrouve avec une dizaine d'autres fondateurs qui affrontent les mêmes obstacles administratifs, les mêmes cycles de décision lents. Ça évite l'isolement qui tue beaucoup de projets à impact territorial avant même qu'ils aient une chance de pr

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