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La soirée VizThink du 5 décembre 2012 sur le data-journalisme animée par Karen Bastien fondatrice de WeDodata, agence de design d'information pour la presse, a eu un gros succès! Merci Karen à la très grande qualité du contenu et de l'exposé.
A travers des exemples de visualisation de données parues dans la presse (papier et web) Karen a présenté une analyse des apports de la narration graphique aujourd'hui: compréhension de données complexes, réappropriation des données citoyennes, adaptation à de nouveaux outils et modes de lecture... La data-visualisation est au coeur d'un changement informationnel.
Petit résumé visuel par Roberta Faulhaber.

Karen Bastien, fondatrice de l’agence WeDoData, nous a introduit dans le monde en émergence du data-journalisme et de la datavisualisation. Mais de quoi s’agit-il ? D’un mouvement qui rend l'info belle et intelligente, c’est pour cela qu’on parle d’information graphique ou de design d’informations.
L’évolution est majeure : avant les mots et les images se juxtaposaient, mais aujourd'hui, les deux fonctionnent ensemble dans un nouvel équilibre. Dans la pratique, c’est un travail entièrement d’équipe : depuis le journaliste qui extrait et traite les données jusqu’au développeur, en passant par le graphiste qui trouve les formes les plus pertinentes. Encore dans l’enfance de l’art en France, c’est une pratique qui reste plutôt artisanale. Mais autour, tout un écosystème est en explosion avec l’apparition de nouveaux métiers : datascientist, dataminer, statisticien – ingénieur.
Ce qui caractérise la production actuelle c’est la grande variété de thèmes et des modes de traitement des informations. Karen l'a illustré avec de nombreux exemples :
- Comparaison entre 2 pays, par exemple des budgets annuels dans différents secteurs
- Le profil des personnes détenues dans les prisons en France
- Analyse du contenu de rapports annuels restitués sous forme de nuage de mots
- Le parcours d’un acteur célèbre
- Cartographie électorale, dont les données étaient uniquement disponibles pour des statisticiens auparavant.
- Cartographie des accidents de vélo à Seattle, qui conduit à réaménager certains croisements,
- Consommation d’énergie à New York
Les outils de traitement des données permettent d’extraire, de nettoyer et de représenter sous forme de cartographie la donnée textuelle (exemple : tagxedo, wordle). Le processus du traitement de l’information est souvent très complexe, comme dans le cas du travail de Karen pour les Jeux Olympiques de Londres (France INFO) à partir d’un historique datant de 1896 (des dizaines de milliers de données, 3 personnes travaillant sur un mois cumulé, développement sur mesure en javascript et html 5).
Datajournalisme
Ce journalisme 2.0 permet de comparer des données complexes de façon graphique en traitant un grand nombre de chiffres et de dimensions dans une application interactive. Cela permet d’offrir plusieurs niveaux de lecture possibles d’une même information. Evidemment, le graphisme est au service de l'information et ne doit pas l'« écraser ». Il permet d’aborder des sujets sous un nouvel angle avec l’objectif de raconter une histoire à travers les données. A l’ère des réseaux sociaux, ces nouvelles formes d’informations graphiques sont de puissants leviers de viralité. Cela répond aux attentes du lecteur-acteur qui aborde les infos de façon différente, plus interactive, plus personnalisée. Le grand public peut manipuler des données qui, auparavant, étaient accessibles uniquement aux spécialistes.
Actuellement, nous croulons sous un déluge de données en partie lié à l’ouverture des données provenant des institutions publiques aux citoyens (opendata.gouv.fr, opendata.paris.fr…). Toutefois, ces données sont encore malheureusement mal structurées, mal sourcées et difficilement exploitables directement. Est-ce le reflet d’une réticence au partage de données en France ? En revanche, dans les pays anglo-saxons, comme en Grande-Bretagne, c’est une longue pratique des institutions publiques et des médias. Par exemple, le journal The Guardian partage les coulisses de ses travaux liés aux data sur son data blog. En tout cas, la société civile s’en empare pour apporter un regard citoyen, comme par exemple le portail nosdeputes.fr réalisé par l’association Regards Citoyens. A surveiller également, le mouvement du « Quantified self » qui consiste à se mesurer selon certains critères sur une période donné plus ou moins longue et à les partager (exemple Gary Wolf).
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